Début septembre 2026, la Chancellerie fédérale a réuni la presse pour annoncer le lancement d’un programme de bureautique souveraine, une alternative souveraine à Microsoft 365 testée auprès d’environ 3000 collaborateurs d’ici fin 2027.
Celveo, plateforme de solutions cloud souveraines pour les PME romandes, suit ce dossier de près : il illustre un écart de vitesse net entre l’administration fédérale et les PME de Suisse romande.
La visioconférence de présentation du programme s’est d’ailleurs tenue sur Teams. Le budget de la première phase atteint 9 millions de francs, selon Le Temps. Une PME peut migrer vers une solution équivalente en quelques mois, sans attendre un appel d’offres fédéral.
Ce que teste la Confédération avec cette alternative souveraine à Microsoft 365
Le programme s’appuie sur les résultats du projet PoC BOSS, une étude de faisabilité menée par la Chancellerie fédérale sur l’usage de logiciels open source pour la bureautique de l’administration. 172 collaborateurs de plusieurs départements ont testé openDesk, un environnement de travail open source développé par ZenDiS, le centre allemand pour la souveraineté numérique. La plateforme réunit Open-Xchange pour la messagerie et le calendrier, Nextcloud pour le stockage de fichiers, Jitsi pour la visioconférence et Element pour la messagerie instantanée. Sur cette base, la Confédération veut équiper environ 3000 collaborateurs d’ici fin 2027, soit 6,8 % des 43 000 employés de l’administration fédérale, selon Le Temps. La première phase coûtera environ 9 millions de francs, financés par le Parlement.
Une procédure d’appel d’offres est en cours pour désigner la suite technologique et les prestataires du futur déploiement, et rien ne garantit que des entreprises suisses y soient associées : la Confédération a testé une solution développée en Allemagne, pas l’une des alternatives déjà commercialisées en Suisse, comme Infomaniak avec kSuite.
Pourquoi une migration bureautique prend-elle trois ans à l’échelle fédérale ?
La Chancellerie fédérale reconnaît elle-même les limites du dispositif : les vidéoconférences à grande échelle restent un point faible d’openDesk, et de nombreuses applications métier de l’administration demeurent liées à l’architecture Microsoft. Une généralisation à l’ensemble des 43 000 collaborateurs impliquerait des évaluations de sécurité supplémentaires et un renforcement des compétences internes, selon ICTjournal. Le calendrier tient surtout à la taille de l’organisation : coordonner un changement d’outils bureautiques entre plusieurs départements fédéraux, chacun avec ses propres applications spécialisées, prend du temps, quel que soit le logiciel retenu.
La Confédération n’est pas la première administration suisse à s’engager sur ce terrain : le Commandement Cyber de l’armée a déjà abandonné Microsoft Office pour une alternative open source en juillet 2026. Le débat sur la dépendance à Microsoft dépasse donc largement le seul programme de la Chancellerie.
Ce qui change pour une PME romande
Une PME de 20 ou 50 collaborateurs ne porte pas les mêmes contraintes que l’administration fédérale. Pas d’appel d’offres à lancer, pas 43 000 postes à coordonner, et généralement moins d’applications métier historiques verrouillées sur l’écosystème Microsoft.
Lors d’un audit chez une PME genevoise d’une trentaine de collaborateurs, l’équipe Celveo a par exemple constaté qu’une seule application spécifique restait le vrai obstacle à un changement de suite bureautique, pas la messagerie ni les documents. Une fois cette dépendance identifiée et traitée, la migration vers kSuite, la suite bureautique d’Infomaniak que Celveo déploie pour les PME romandes, se fait en quelques semaines à quelques mois, pas en plusieurs années.
Le professeur Matthias Stürmer, cité par Le Temps à propos du programme fédéral, résume bien l’enjeu réel : la souveraineté numérique tient moins au logiciel choisi qu’à la capacité de changer de prestataire sans y être forcé par un verrouillage technique. Une PME encore sur Microsoft 365 reste aussi exposée au CLOUD Act, cette loi américaine de 2018 qui autorise les autorités des États-Unis à réclamer des données hébergées par une entreprise américaine, y compris depuis un centre de données européen.
Ce que Celveo recommande
Attendre les conclusions du programme fédéral pour agir n’a pas de sens pour une PME. Le calendrier de l’État répond à des contraintes qui n’existent pas à cette échelle : budget parlementaire, procédure d’appel d’offres, sécurité renforcée sur des milliers de postes.
Une PME romande peut avancer sans ces freins, à condition de commencer par un audit réel de ses dépendances applicatives plutôt que par un remplacement direct de Microsoft 365. La plupart des tentatives de migration échouent au même endroit : on change la messagerie sans avoir vérifié que l’ERP ou le logiciel métier maison ne dépend pas d’Active Directory ou d’une API propriétaire.
Le positionnement de Celveo n’est pas de dénigrer Microsoft. Il s’agit de donner aux PME romandes les moyens d’évaluer si une architecture souveraine leur convient mieux, puis de les accompagner sur la partie qui manque le plus souvent, la migration elle-même. Une migration bien préparée règle au passage une bonne partie des questions de conformité nLPD, puisque les données restent hébergées en Suisse, sous droit suisse.
Le programme fédéral prendra trois ans. Rien n’oblige une PME romande à attendre autant. Contactez-nous pour discuter de vos potentiels besoins !


